Anselme II

ANSELME II DE BOUCHAIN
Le Comte Anselme de Bouchain, second du nom, 2e châtelain héréditaire de Valenciennes, Seigneur d’Ostrevant, de Bouchain, de Ribemont, d’Origny, de Chastel en Portien et de plusieurs autres places dans le Cambrésis.
Si l’on en croit Doulteman et le Père Petit, Ansel, Anselme, né à Bouchain, était le petit fils d’Isaac comte de Valenciennes, héritier de cette châtellenie, prince de la maison du roi de France Philippe, et fils d’Anselme 1er, dit le Vieux, comte d’Ostrevant, et de Michilde son épouse.
Anselme II de Bouchain, dit le Barbu, comte de Ribemont, issu de la maison royale du Vermandois, eut de sa femme Berthe, 3 fils : Godefroy 1er, Simon, châtelains de Valenciennes et de St Quentin, et Hugues 1er, ainsi qu’une fille : Agnès de Ribemont qui épousa Gossuin d’Avesnes.
Toutes les chroniques du temps vantent le savoir, la piété, la bravoure et même la bonté d’Anselme de Bouchain, mais il n’échappait pas aux mœurs de l’époque : violence et dévotion, iniquité et grandeur d’âme, rapine et générosité. Ces temps singuliers, si pittoresques à distance, réunissaient tous les contrastes.
Il unit, à sa valeur guerrière, une inépuisable charité envers les ordres religieux.
Entre autres, bienfaiteur de l’abbaye d’Anchin, il fonde, en 1084, l’abbaye de Saint-Nicolas en la ville de Ribemont, diocèse de Laon.
En 1090, à Bouchain, il fait construire, en ville basse, les douze écluses dans l’avancée de la porte Chaussée (anciennement porte Roland) pour faire tourner un moulin qui existait à cet endroit. Ces écluses servaient aussi à retenir les eaux de l’Escaut afin d’alimenter d’autres moulins qu’il avait établis en aval : celui à blé près de la porte du Petit Bois et celui à huile, ou tordoir, à la porte Chaussée.
En 1096, pour avoir toujours sous la main du poisson en cas de besoin, il fait faire deux beaux viviers, l’un en deçà de la porte Chaussée, dite de Cambrai, l’autre au-delà, tout contre ladite porte et à droite.
La fin du XIe siècle est l’époque où commencent les croisades.
Anselme organise le tournoi d’Anchin où figurent nombre de seigneurs de la région qui s’engagent à partir en Orient.
1096 : départ de la grande armée des croisés. Anselme fait route aussi vers l’Orient.
1098 : siège et prise d’Antioche par les croisés.
Anselme mourut au siège d’Archas en Syrie (Saint-Jean-d’Acre).
… « Enuiron le mois d’Apuril de l’an 1099, nostre valeureux Anselme fut touché d’vn coup de pierre qui luy escarboiülla la teste, & luy fit voler la ceruelle, lors qu’il poinctoit l’Altillerie contre la ville d’Archas, place imprenable & située sur la pointe d’vn Rocher. »
Anselme était peut-être le seigneur le plus instruit qu’il y eut alors en France ; il avait quelques aptitudes littéraires dans un siècle où l’ignorance était l’apanage de la chevalerie. Il a décrit les évènements de la croisade, où il joua un rôle distingué et sa narration est d’une simplicité qui n’est point dépourvue de noblesse et d’agrément.
L’Abbé Guilbert dit, dans ses écrits, qu’Anselme, pendant son voyage en terre sainte, rassemblait chaque année, le jour de St Quentin, tous les prêtres et clercs de l’armée, afin de célébrer solennellement avec eux, la fête du bienheureux patron de Bouchain.
Anselme de Bouchain était célèbre par sa noblesse, sa bravoure et ses talents guerriers.
Outre ses qualités chevaleresques, il fut un acteur important du développement de notre cité au XIe siècle.
Les armes d’Anselme sont d’or échiqueté d’azur.
« De gueules, fretté d’or, au canton d’or, chargé d’un léopard de sable » sont celles de la famille de Ribemont qui figurent dans les galeries de Versailles.
Extraits tirés du livre du Père Petit Histoire de Bouchain. 1659
de Et. A. Leignel Histoire de
du Baron de Reiffenberg Histoire du Comté de Hainaut.
Voir également les articles sur « Anselme de Ribemont, seigneur de Valenciennes et de Bouchain » par
M.Boudard et A.Crasquin, parus dans Flandres-Hainaut N° 73 et 74 revues de l’A.G.F.H. Valenciennes.
Les Amis de Bouchain et de son Musée.
